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Élection de la CNHS : Les deux candidats répondent aux questions d’UWHnews

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Lors du week-end des 7 et 8 décembre se tiendra les élections de la nouvelle Commission Nationale de Hockey Subaquatique (CNHS). Deux candidats sont en lice : le président actuel Dominique Ruaux, qui brigue un nouveau mandat, et Lionel Dumeaux. Pour éclairer les électeurs, UWHnews a interrogé les deux prétendants en leur posant les mêmes questions, permettant ainsi de comparer leurs visions et leurs projets pour l’avenir de la discipline.

Note d’information :
L’ordre de parution des réponses des candidats a été déterminé par tirage au sort. Chaque candidat a eu la liberté de répondre par écrit aux questions posées par UWHnews. Par ailleurs, la diffusion des réponses de Monsieur Dumeaux par le biais d’une chaîne d’e-mails ce jour n’est en aucun cas liée à une initiative de la rédaction qui n’a autorisé aucune parution hors de son média. Cette interview a pour seul objectif d’assurer une diffusion égalitaire des idées des deux candidats. UWHnews tient à préciser qu’il n’est en aucun cas un organe de propagande en faveur d’une candidature particulière et qu’il n’a aucune intention d’entraver le processus démocratique de cette élection.

Quel est le principal objectif de votre candidature ? 

Dominique Ruaux : Le principal objectif de ma candidature est de renforcer la visibilité, la structuration, et la croissance du hockey subaquatique en France et à l’international. Il s’agit de :

  • Améliorer les programmes de formation à l’encadrement
  • Promouvoir davantage notre sport auprès des jeunes, des clubs, et des collectivités locales.
  • Consolider les bases existantes en apportant des améliorations au niveau de la formation, des infrastructures et du soutien aux clubs.
  • Améliorer la visibilité de notre sport au niveau de communication. (Site fédéral, réseaux sociaux) 
  • Permettre à la France de retrouver un rôle central dans le hockey subaquatique mondial.

Lionel Dumeaux : Le point de départ de ma candidature, c’est un constat : Il y avait 85 clubs participant aux compétitions de hockey en 2002, il n’y en a plus que 71 aujourd’hui, un chiffre stable depuis que je l’ai établi en 2022. Par ailleurs, le hockey n’est plus (Normandie) ou n’est toujours pas pratiqué dans plusieurs régions FFESSM (Centre, Bourgogne, Corse, Martinique, …).

Enfin, de l’aveu de beaucoup de responsables, le hockey subaquatique français est vieillissant, malgré les efforts consentis par de nombreux clubs pour développer -avec succès- une section jeunes. Ma candidature a donc pour ambition de relancer le développement du hockey, un sport que j’ai découvert fin 1983 et pour lequel je suis toujours resté très investi. C’est dans ce but que j’ai notamment l’intention de créer, à côté du CNA, du CNC et du CNI, un Collège National du Développement dont le rôle consistera à animer et soutenir toutes les actions favorables à l’extension de la pratique du hockey en France.  

Pensez-vous qu’il faille repenser le système des compétitions ? 

Dominique Ruaux : Oui, il est nécessaire de repenser partiellement le système pour :

  • Favoriser l’accessibilité : aider les clubs à l’organisation de tournois pour les clubs éloignés géographiquement ou limités financièrement.
  • Adapter les formats : proposer des compétitions diversifiées (tournois 3×3, compétitions par âges, formats courts).
  • Création de groupe de travail : travail sur les différentes grilles de championnat, structuration du championnat féminin (barrage). 
  • Renforcement du parc matériel de la CNHS : sirènes, murs, remise en état, etc…

Lionel Dumeaux : J’ai organisé des réunions avec toutes les CRHS ces 6 derniers mois afin d’établir la liste des chantiers à ouvrir durant la mandature 2024-2028. À partir des comptes rendus de réunions validés, un document de synthèse sera soumis aux représentants des CRHS pour discussion afin de construire le ‘’Plan de Développement pour l’Olympiade’’ (un document prévu dans les statuts FFESSM). Le plan qui sera adopté va servir de base aux actions de la CNHS pour les 4 ans à venir, selon un calendrier également à déterminer.

Parmi tous les thèmes abordés, l’organisation des compétitions CNHS n’a que rarement été évoqué, si ce n’est pour demander une réduction du coût pour les participants et l’élargissement du nombre d’équipes filles en D1, la possibilité de tri-clubs chez les féminines en D2 ou encore la création d’une D5.

Pour avoir contribué à la réforme de la D1 en 1998/1999, je sais la difficulté qu’il y a pour arriver à un accord sur une évolution dans ce domaine. Par ailleurs, c’est un sujet doublement sensible car de la qualité de notre championnat national dépendent l’attractivité de notre discipline auprès des jeunes notamment ainsi que, sur le long terme, les résultats des équipes de France. 

Aussi, en supposant le sujet inscrit au PDO, il faudra tenir compte de beaucoup de paramètres (coûts, sélectivité, disponibilité des piscines, des arbitres, visibilité dans les médias, …) avant de s’accorder sur des évolutions véritablement utiles pour le développement de notre sport. Dès 2025, en revanche, à côté des compétitions qui relèvent de la CNHS, il va falloir encourager l’organisation de tournois, de tous niveaux, permettant notamment aux équipes débutantes de pouvoir s’exprimer en compétition.

L’arbitrage est une question centrale dans le bon fonctionnement d’une fédération, quel seront vos actions pour permettre sa meilleure mise en valeur ?

L’arbitrage est un pilier essentiel pour des compétitions justes et fluides. Mes actions seront :

  • Augmenter le nombre d’arbitres qualifiés : par des campagnes de formation attractives et régulières.
  • Valoriser leur rôle : en instaurant des primes ou en leur offrant une reconnaissance officielle (certificats, médailles fédérales).
  • Intégrer la technologie : pour aider à l’arbitrage (systèmes de vision sous-marine, enregistrements pour analyse post-match).
  • Favoriser le dialogue : créer un comité dédié pour mieux recueillir et traiter les retours des arbitres.
  • Tenue des arbitres : améliorer la visibilité

Lionel Dumeaux : La question du nombre et du système de sélection des arbitres est l’un des sujets qui a été le plus souvent abordé lors des discussions que j’ai organisées avec les représentants de clubs et de CRHS. Le CNA a incontestablement atteint son objectif de sélection et de formation d’arbitres de qualité : les arbitres français font régulièrement partie des mieux notés lors des compétitions CMAS. En revanche, le nombre d’arbitres reste insuffisant et le processus de sélection pour l’AN2 est très décrié (pas uniquement par les candidats qui ont été collés à plusieurs reprises).

Par ailleurs, les dispositions réglementaires proposées pour contraindre les clubs à présenter des arbitres ont régulièrement fait l’objet de reports, votés par les CRHS, signe que la voie contraignante n’est pas la meilleure.

Il faut donc que le CNA revoit son système de sélection et fasse des propositions à la CNHS dans le but d’augmenter significativement le nombre d’arbitres, tous n’ayant pas vocation à arbitrer la finale du championnat de D1. À cet égard, on peut faire un parallèle avec les travaux en cours au CNI dont l’objectif est de simplifier le cursus de formation et de redéfinir les exigences d’encadrement pour les équipes inscrites en championnat de France. Il faut également revenir vers le Comité Directeur de la FFEESSM pour obtenir l’autorisation d’accorder une gratification financière, même modeste, aux arbitres officiant en compétition officielle, comme cela se pratique dans tous les sports collectifs.

La France est l’un des pays moteur du hockey subaquatique, cependant son influence à l’international dans les décisions fédérales n’est pas reconnue. Comment souhaitez-vous faire changer les choses ? 

Dominique Ruaux : Pour accroître l’influence française, voici mes propositions :

  • Renforcer notre présence : participer activement aux réunions et comités internationaux, en proposant des candidats français dans les postes stratégiques. (quatre personnes sont déjà nommées)
  • Partenariats bilatéraux : établir des alliances avec d’autres nations pour des projets communs (développement de la formation ou de la technologie).
  • Porter des initiatives innovantes : proposer des idées ou des programmes qui placent la France comme moteur du développement international.
  • Organiser des événements internationaux : cela mettrait en avant notre savoir-faire et notre engagement.

Lionel Dumeaux : C’est un fait : la capacité d’influence de la CNHS, qui a donné 3 Présidents à la Commission hockey de la CMAS (Daniel Bourgine, Ulysse Munoz et Thomas de Trébons), ne correspond plus au poids de la France dans le hockey Mondial (25% environ du total des pratiquants, une présence constante sur les podiums internationaux, des Français impliqués dans le développement du hockey partout en Europe, …). La première étape consistait à disposer de représentants dans toutes les Commissions du Comité hockey de la CMAS (Referee, Coaching, Events & Development), ce qui est fait.

J’ai par ailleurs animé cette année, avec la quasi-totalité des pays de la zone Afrique-Europe, des réunions de travail pour évoquer ce qui freine le développement du hockey dans la zone avec, par ordre d’importance :

  • L’aide aux nations en développement en matière d’arbitrage et de coaching. 
  • L’évolution du format des compétitions internationales CMAS afin de les rendre plus visibles, moins couteuses et accessibles à un plus grand nombre de nations.
  • Le développement des échanges et la diffusion d’informations, notamment celles relatives aux compétitions organisées dans chaque pays. 

Cette initiative n’a pas plu à l’actuel Directeur du hockey de la CMAS qui y a vu une résurgence de la WAA (ce qu’elle n’est certainement pas), mais elle a incontestablement rencontré un intérêt auprès des représentants de beaucoup de pays européens. La seconde étape va se jouer en 2025 avec le renouvellement du bureau de la CMAS, la CNHS devant œuvrer à l’élection d’un candidat favorable à ses intérêts (revenir au cycle de 2 ans pour les élites et Masters, accroitre le nombre de pays participants aux compétitions CMAS, …). Cela passera par une action de lobbying auprès des votants (notamment européens) plutôt que par une candidature française, mais aussi par la recherche d’appuis auprès des membres de la FFESSM élus à la CMAS (Alain Germain, VPt de la CMAS & Michel Gaunard, Pt du Comité sportif).

La France n’a plus organisé d’événement international depuis des années, est-ce une volonté de votre part de tenter d’organiser une compétition ? 

Dominique Ruaux : Absolument, organiser un événement international est une priorité, nous avons commencé à travailler sur l’organisation du championnat du monde 2027 avec un groupe de travail en impliquant la fédération. Cela répondrait à une double mission : rayonner à l’international et renforcer le dynamisme de notre communauté nationale :

  • Renforcer la visibilité nationale : auprès des médias et des institutions.
  • Motiver nos athlètes : en leur offrant une expérience de haut niveau sur leur territoire.
  • Stimuler le développement local : en favorisant l’implication des clubs, des bénévoles et des jeunes joueurs.

Lionel Dumeaux : Le projet a été engagé depuis plusieurs mois avec une candidature possible de Clermont-Ferrand (la plus avancée à ce jour). La CNHS n’a organisé qu’un Mondial (Grand-Couronne en 1994) et 3 Euros (Bordeaux en 1989, Reims en 1997 et Marseille en 2005) depuis sa création (en 1980) : pour tenir le rang que doit avoir notre Commission à la CMAS et influer sur l’évolution de notre sport au niveau international, il est important que cette candidature aboutisse. La CNHS devra donc défendre activement ce dossier auprès du Comité Directeur de la FFESSM, puis de la Commission hockey de la CMAS (avril 2025 est la date limite fixée pour le dépôt des candidatures), avant de mettre ses moyens au service du Comité d’organisation que devra constituer la CRHS candidate, si la proposition française est retenue.

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