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« Pendant deux ans, l’épicentre mondial du hockey était au Portugal »- David Torto Teiga

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Publié le 13 février 2023

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Le hockey subaquatique encore méconnu au Portugal à la fin du XXe siècle, s’est peu à peu développé grâce à des personnes qui ont ramené la pratique dans le pays. Retour sur la découverte et l’évolution de ce sport dans les bassins portugais.

C’est en 2007, lorsque Miguel Sena part au Canada qu’il découvre le hockey subaquatique. À son retour au Portugal, il décide de se procurer du matériel afin de pouvoir jouer avec sa famille et ses amis dont un certain David Torto Teiga. Pendant leurs débuts, ils pratiquent le hockey dans une piscine de seize mètres de long sur six mètres de large avec une profondeur d’un mètre vingt environ.

Les débuts du hockey au Portugal

Considérée comme un loisir dans un premier temps, la discipline devient très vite appréciée. Tandis que le hockey subaquatique se développe au Portugal, Alex Alcocer, ancien joueur de la sélection espagnol et de Barcelone, se rend à Carcavelos, la ville dans laquelle le hockey portugais à vue le jour. David Torto Teiga, capitaine de la sélection portugaise parle de sa venue comme un véritable tremplin, car “il nous a appris plein de choses qui ont montré un visage plus sérieux du hockey”. L’intérêt pour le sport est grandissant, au point que les joueurs encore novices se renseignent de plus en plus et découvrent qu’il existent des compétitions continentales et internationales. Suite à cela, les Portugais décident de créer le premier club du Portugal, le Grupo Sportivo Carcavelos, lieu où le hockey a débuté. En 2008, les Portugais se font former par Thomas de Trébons, multiple champion du monde, Marie Peigné et Hervé Thaurus, deux fois champion du monde CMAS.

Le championnat portugais

Suite à cette première expérience dans le hockey européen, les joueurs portugais approchent la fédération portugaise, désireux de “jouer des compétitions européennes”. Celle-ci leur fait savoir que pour participer à ces compétitions, il est nécessaire d’avoir une ligue nationale. En mars 2008, la première édition du championnat national portugais de hockey subaquatique voit le jour. Un championnat composé de six équipes : Grupo Sportivo Carcavelos A et B, Clube Natação Amadora, Gaia Sub, Mega Sub d’Oeiras et Sharks Coimbra. À partir de 2009, des clubs se forment, le championnat se déroule en quatre étapes et une coupe du Portugal vient s’ajouter au calendrier des compétitions. Le hockey portugais se développe au fil des années, au point de recevoir du public dans les gradins et “jusqu’à 200 supporters avec des tambours, des klaxons notamment pendant les matchs d’Estoril Praia contre Amadora, deux équipes rivales” révèle David Torto Teiga, encore nostalgique. En 2012-2013, lors du championnat national portugais « il y avait tellement de clubs, que nous avions deux terrains, car trois clubs espagnols avaient rejoint la ligue » affirme David Torto Teiga. Cependant, les années 2015 et 2016 sont au point mort pour le hockey portugais car les compétitions nationales n’ont pas lieu. La compétition reprend en 2017, mais en 2020, suite à la pandémie de la COVID-19, le championnat est une nouvelle fois interrompu. Depuis cet événement, le championnat national n’est plus disputé. Un coup dur pour le hockey portugais. Cependant, pour relancer le sport “les clubs et la fédération portugaise doivent être main dans la main, afin de parvenir à préserver un championnat au Portugal” déclare le capitaine de la sélection portugaise, peiné par la situation. Désormais, seuls quatre clubs sont encore actifs au Portugal : Estoril Praia, Clube Natação Amadora (CNA), Sharks Coimbra et Clube Zupper.  

La sélection portugaise

Avec les débuts du championnat au Portugal, la sélection portugaise fait elle aussi son apparition en 2009. Cette même année « nous avions joué les championnats du monde à Kranj, en Slovénie, ce qui a permis au hockey portugais de bien se développer” explique David Torto Teiga, avec beaucoup de fierté. Tout va très vite, notamment avec l’arrivée en 2011 de Liam Watson, joueur néo-zélandais, qui devient le sélectionneur du Portugal. Une venue qui marque la sélection car “nous avons commencé à bien nous développer, à avoir de bons résultats et à mieux jouer” ajoute David, le sourire aux lèvres. Toujours en 2011, le Portugal accueille les championnats du monde pour la première fois de son histoire à Coimbra. Lors du mondial 2013, à Eger, en Hongrie, les Portugais terminent deuxième de la Poule B, derrière les États-Unis. Absent du championnat du monde en 2016 en Afrique du Sud, les Portugais participent néanmoins aux mondiaux de 2018 à Québec. Une compétition dans laquelle ils terminent dernier, à la quatorzième place au classement.

Vers un renouveau ?

David Torto Teiga souhaite “que les choses reviennent comme dans les années 2010, lorsque beaucoup de gens pratiquaient la discipline” ou encore “voir des gens remplir les piscines portugaises et avec un bel esprit”. Selon lui, la pandémie liée à la COVID-19 “a éloigné les gens des piscines à cause des craintes liées à la maladie”. Cependant, David, accablé par la situation, constate que de nombreux jeunes délaissent le hockey « nous avions presque 40 enfants aux entraînements, mais il n’y avait pas de compétition pour eux, alors ils choisissent un autre sport. » Malgré que la discipline existe depuis seulement une quinzaine d’années, « pendant deux ans, l’épicentre mondial du hockey était le Portugal » rapporte David Torto Teiga. Les infrastructures et les conditions « sont optimales à tel point qu’il y a eu un championnat du monde, une compétition européenne et de nombreux clubs et sélections venaient y faire leurs stages » confie le capitaine portugais, déçu de la tournure des événements. Pour conserver les clubs, le championnat national et la pérennité du hockey au Portugal, les joueurs des équipes portugaises continuent de s’entraîner régulièrement. Les athlètes espèrent un jour retrouver leurs compétitions et l’atmosphère qui ont fait les beaux jours du hockey portugais.

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