A certains endroits du globe, quelques irréductibles hockeyeurs partagent leur passion, allant même jusqu’à créer des clubs. De l’Afrique à l’Amérique en passant par l’Europe et l’Asie, focus sur ces pays peu connus du hockey subaquatique. Troisième épisode avec Hong Kong.
Au sud-est du Canton, à l’extrémité du delta de la Rivière des Perles, une ancienne colonie britannique rétrocédée à la Chine en 1997 : Hong Kong. Parmi les 200 îles qui composent l’archipel, des sportifs s’adonnent à la pratique du hockey subaquatique au sein de l’unique club du territoire.
Sa création a été initiée par Henry Chan, en 2010. Tout juste diplômé d’une université américaine, il fait le choix de revenir dans sa terre natale mais n’y trouve pas de club pour y pratiquer le sport qu’il a découvert au pays de l’oncle Sam. Il créé donc une page Facebook et réussit à réunir huit personnes dont quelques joueurs d’expérience. « Il n’y a pas beaucoup de sport subaquatique à Hong Kong donc les médias se sont rapidement intéressés à nous. On a donné beaucoup d’interviews et les gens sont rapidement venus essayer. » Finalement, le premier entraînement du club s’est déroulé à l’été 2015, le tout coaché par le philippin Nowie Ignacio.
Hong Kong est une place forte du commerce internationale. De ce fait, nombreux sont les occidentaux à s’installer provisoirement à la Perle d’Orient pour y travailler. Des recrues et même des coachs certes, temporaires, mais qui aident au développement du hockey hongkongais. « On a pu accueillir et être entraîné par des joueurs internationaux comme Darren Foo (Nouvelle-Zélande), Liz et Jamie Wedderburn (Afrique du Sud) la famille Marant (France) dont Pedro qui nous a coaché avant les mondiaux jeunes d’Hobart en 2017 …« . Le club participe régulièrement aux tournois à proximité comme la Coupe de Chine et le championnat asiatique où il affronte les équipes nationales de Singapour, d’Indonésie, des Philippines et de Chine.
Hong Kong a même eu un rôle de sparring partner de la Malaisie avant les Sea Games. Une relation privilégiée entre ces deux formations qui s’explique facilement car l’entraîneur malaisien a appris le hockey grâce aux conseils de Nowie Ignacio. La relation de l’équipe hongkongaise avec les clubs de l’Empire du milieu est également très bonne. Certains contacts chinois leur fournissent des gants, des joueurs du club viennent même des régions au nord de Hong Kong. « Aujourd’hui je dirais qu’on est composé à 50% de locaux et 50% d’étrangers. »
Le club fantôme
Le club initié par Henry est le troisième club de l’histoire de Hong Kong. Le premier a été fondé en 1980 par des expatriés, mais, à leur départ, personne n’a repris le flambeau. Plus récemment, une autre équipe a été initiée par les instances dirigeantes des sports subaquatiques hongkongaises mais des problèmes politiques et financiers auraient eu raison de ce club. Oui, le hockey subaquatique a aussi un enjeu politique.
Des inconvénients qui continuent à perturber l’expansion du hockey à Hong Kong. « Le club n’est affilié ni à la CMAS ni à la fédération de sport subaquatique hongkongaise« . Basiquement, cela signifie que la fédération ne représente aucun club puisqu’elle ne reconnaît pas le seul présent dans son territoire. Un énorme obstacle au rêve d’Henry de participer aux championnats du monde. « On doit d’abord être reconnu par la fédération nationale mais aussi regrouper plus de joueurs et de coachs« . Pour lui, le modèle de développement du hockey néo-zélandais dans les écoles et les universités pourrait être une source d’inspiration pour Hong Kong afin de rendre le sport plus attractif aux jeunes.
Avec près de 100 000 étudiants répartis dans huit universités, les potentielles recrues ne manquent pas. Reste à savoir si le club parviendra à régler ses problèmes avec les hautes instances du pays pour que nous puissions, peut-être un jour, voir l’équipe participer d’abord aux Sea Games et ensuite, pourquoi pas, aux championnats du monde.