A certains endroits du globe, quelques irréductibles hockeyeurs partagent leur passion, allant même jusqu’à créer des clubs. De l’Afrique à l’Amérique en passant par l’Europe et l’Asie, focus sur ces pays peu connus du hockey subaquatique. Deuxième épisode avec l’Egypte et l’Arabie Saoudite.
De ces terres de sable, des oasis ont jailli. On connaissait l’Egypte et l’Arabie Saoudite pour leurs déserts, qu’ils soient blancs ou d’Arabie. Parmi ces étendues ocres, des complexes aquatiques accueillent des hockeyeurs. MK Kazragi pratique le sport depuis son passage universitaire aux Etats-Unis en 1984. Il a ensuite écumé les bassins américains et participé à de nombreux championnats nationaux avec son club de Houston. Il a voulu rapatrier sa passion dans son pays d’origine, l’Egypte, mais n’a réussi à l’implanter qu’après environ 15 ans d’effort. “Nous n’avons connu le succès que depuis six mois ” (2019).
Travaillant en Arabie Saoudite, il a dû effectuer de nombreux voyages sur la terre des pharaons pour y faire des initiations. Deux clubs y sont sortis de l’eau, l’un à Alexandrie et l’autre au Caire. Il confesse avoir eu beaucoup de difficultés pour regrouper suffisamment de personnes pour pratiquer le sport. Selon MK, la qualité des piscines a eu un rôle certain dans cette longue période d’absence de joueurs. “Elles pourraient être améliorées, notamment au niveau du prix”. Un coût trop élevé, selon lui, qui atteint 75 livres égyptiennes soit 4,10 euros par personne au Caire. Il a, malgré tout, su trouver ses adeptes parmi les pratiquants de la plongée et de la chasse sous-marine, sports en vogue dans le pays.
Afin de remédier à l’absence quasi permanente d’un entraîneur sur place, MK et Ayman Abdin, joueur d’origine égyptienne vivant en Australie, comptent sur l’autonomie des joueurs locaux. “On leur a envoyé une présentation ainsi que des vidéos d’entraînement. On a aussi un groupe WhatsApp pour les guider.” Lorsqu’il est sur place, il admet parfois mettre de côté son esprit de compétition pour se concentrer sur sa tâche d’entraîneur mais assure y prendre également du plaisir, et même y faire une cure de jouvence. “Je me sens 10 à 20 ans plus jeune depuis que je joue au hockey.” Si ses passages en Egypte sont ponctuels, il est davantage présent en Arabie Saoudite où il est gestionnaire de projet dans l’industrie pétrolière et gazière depuis 2016.
Des entraînements dans des palaces et des piscines olympiques
Là aussi, deux clubs ont été créés. Le premier à Riyadh, la capitale, en septembre 2016, grâce à un certain Jimm Crosby et à Mubarak Al Nahdi, puis un autre dans la province Est du pays à Khobar. Dès son arrivée dans le pays en juin de la même année, MK a rédigé un post sur un forum invitant les expatriés à venir essayer le hockey sub’. La politique du pays étant plus souple dans les living compound, MK a eu la possibilité d’y entraîner des hommes comme des femmes. S’il souhaite créer et entraîner une équipe féminine, elle ne pourra être composée de joueurs non-locaux et ne jouer que dans une résidence. “Il y a beaucoup qui de femmes qui jouent avec leur mari, la plupart sont professeurs d’anglais ou infirmières.”
L’équipe qu’il gère à Khobar est, par conséquent, entièrement masculine et s’entraîne deux fois par semaine. C’est d’ailleurs cette équipe qui a représenté l’Arabie Saoudite en 2018 au tournoi de Dubaï tandis que l’année précédente, la sélection comportait également des joueurs de la capitale.
Pour ce qui est de l’équipement, c’est un des joueurs saoudiens, ingénieur en génie chimique, qui tente de fabriquer des gants et des palets mais connaît quelques difficultés avec la conception de ce dernier. Contrairement à l’Egypte, les piscines sont de bonne qualité et l’une d’elle est même entièrement gratuite. Les hockeyeurs peuvent pratiquer leur sport dans des centres sportifs voire même dans des hôtels cinq étoiles comme au Dhahran Palace où MK a fait l’une de ses initiations en 2017. L’équipe de Riyadh avait même eu la possibilité de s’entraîner dans une piscine olympique une fois par semaine avant d’être banni par la nouvelle direction du centre aquatique. Selon Mubarak Al Nahdi, c’est le statut du hockey qui a posé problème. “L’ancien directeur était passionné de tous les sports aquatiques alors que le nouveau ne croyait pas en ce sport car il n’est pas encore olympique.” Cette exclusion a engendré le départ d’un nombre important de joueurs même s’ils étaient encore cinq à six irréductibles à pratiquer le sport jusqu’à la fin de l’année 2019. Depuis, les obligations professionnelles des joueurs ainsi que l’épidémie de Covid-19 ont, pour l’instant, ont forcé l’équipe de la capitale à se mettre en pause.
Si l’Egypte peine encore à trouver sa place dans le paysage du hockey sub’ international, il ne faut pas oublier que ses clubs n’ont pas encore un an. Les joueurs égyptiens peuvent compter sur la détermination de MK pour faire grandir le sport comme il a contribué à le faire en Arabie Saoudite. C’est avec cette persévérance que nous pourrions, un jour, assister au premier derby de la Mer Rouge.
